L'Église de Mancelos présente une planimétrie longitudinale, définie par des volumes assez différents, d'où ressort la nef rectangulaire, plus haute que le sanctuaire et le narthex, qui ont, à leur tour, une planimétrie quadrangulaire.
Représentant une rupture évidente du déploiement longitudinal, le clocher, adossé au narthex du côté sud, s'impose comme l'élément vertical dans le paysage environnant.

Cet ensemble monumental se distingue d'abord par sa tour massive, mais aussi, et surtout, par son narthex qui se situe devant la façade principale, abritant ainsi le portail.
Le narthex a une structure extrêmement simple. Il est déchiré par un arc légèrement brisé, permettant l'accès à l'intérieur, dont le pignon est interrompu par une niche qui aurait abrité une image auparavant.
La différence de hauteur entre le narthex et la façade de l'Église permet de voir le pignon de celle-ci. Il est aussi possible d'entrevoir le même ensemble de merlons qui ornent le narthex (et qui rappellent la forme des modillons des façades gothiques), ainsi qu'une ouverture étroite qui permet l'éclairage de l'intérieur de la nef. Une croix terminale de style baroque couronne l'angle du pignon.
Le portail principal de l'Église est composé de quatre archivoltes, légèrement brisées, qui reposent sur des chapiteaux élégants dont la sculpture, de conception fine, est fixée à l'évasement, un élément révélateur de l'approche du gothique.
Le modèle créé par les volutes des chapiteaux corinthiens et les motifs végétaux, peu diffusés, donne une certaine homogénéité à l'ensemble, malgré les différences de composition des divers chapiteaux. Les impostes sont élaborées, avec des éléments arrondis dont la monumentalité est renforcée par les tores diédriques des archivoltes.
L'arc qui les surmonte exhibe des modillons ornés de motifs géométriques enchaînés. Le tympan lisse est soutenu par deux corbeaux ayant deux figures sculptées, style atlantes, l'une féminine, l'autre masculine.
Adossée au narthex, la tour arbore fièrement son appareil médiéval composé de pierres de taille de plusieurs dimensions. Elle est surmontée d'une double cloche sur la façade principale, reposant sur une corniche, qui révèle une tendance classicisante, le résultat d'une intervention entre le XVIIe et le XVIIIe siècle.
Sur les élévations latérales et l'élévation postérieure, une série de merlons à profil pyramidal fait allusion au caractère militaire volontairement associé à ce type de construction. L'accès à l'intérieur de la tour se fait par un portail en plein cintre, interrompu par un linteau qui présente, sur son axe, une ouverture étroite et une fenêtre rectangulaire.


En ce qui concerne l'Église, son appareil est irrégulier car les pierres de taille ont plusieurs dimensions. Certaines de ces pierres affichent des acronymes, un élément qui révèle le caractère tardif du Monastère de Mancelos.
Outre les éléments des parements romans encore visibles sur les élévations latérales, il faut souligner les modillons plats dont la forme est caractéristique de celle des modillons serrés des poutres en bois.
Sur les deux élévations des parements romans s'ouvrent deux grandes fenêtres rectangulaires, typiquement modernes, pour un meilleur éclairage à l'intérieur de la nef. Sur le côté sud, à mi-hauteur de la nef, une série de modillons indique l'existence d'un porche. Une fois de plus, une porte avec un linteau droit permet l'accès à l'intérieur de la nef.
En rappelant que le cloître se trouvait autrefois de ce côté. Ceci nous permet de mieux comprendre l'emplacement de l'arcosolium qui garde le coffre tumulaire et se déploie au niveau du sol.
En 1944, Armando de Mattos mentionne pour la première fois ce tombeau avec sa représentation zoomorphe. L'auteur du Guide du Portugal fait allusion aux trois symboles bizarres qui apparaissent à côté d'un médaillon figuratif : une croix et deux genets. Mário Barroca, lui, inclut ce sarcophage dans la famille de ceux qui ont des ornements simples.
La tour possède aussi un arc de communication, en plein cintre, pour permettre l'accès au cloître. Une analyse de la façade de la sacristie nous dévoile trois arcs brisés, aujourd'hui cloisonnés, laissant deviner l'adaptation d'un espace plus ancien à de nouvelles fonctions.
L'existence d'une corniche supportée par des modillons identiques à ceux de la nef, ainsi qu'un ensemble de modillons placés sur les parements, immédiatement au-dessus des arcs, nous permet de confirmer cette théorie. De quel type d'espace s'agissait-il ? Une ancienne sacristie, voire même une salle capitulaire ? Compte tenu de la construction en pierre, il s'agissait certainement de l'un des espaces plus nobles de la vie monastique. Mais, nous ne pouvons pas préciser lequel.
L'adaptation de cet espace à la sacristie aurait eu lieu pendant les temps modernes, comme l'indique sa forme, quadrilobée, et la niche encastrée dans l'arc central. Des portes avec des linteaux droits surmontées d'oculi circulaires ont été ouvertes dans les arcs des extrémités. Nous pensons que cette intervention a été réalisée au même temps que la conception du clocher qui couronne la tour.
Sur le côté nord de la nef, plusieurs marques ressortent sur le parement extérieur, un signe des diverses transformations de ce bâtiment.
Fermée par une voûte en berceau en bois, la nef de l'Église de Mancelos est très sobre, avec ses parements exhibant le granit, entièrement visible, où cohabitent des ouvertures d'origine romane avec de grandes fenêtres caractéristiques des temps modernes.
Surmonté d'une ouverture, l'arc de triomphe est un élément évident de la période romane. Composé de deux archivoltes, légèrement brisées, sans éléments d'ornementation, il exhibe toutefois ses chapiteaux piqués. Sur ceux-ci, repose une imposte identique à celle du portail principal.
Dans la nef, près du portail, à gauche après l'entrée, de trouve le font baptismal en granit. Il ne présente aucun élément décoratif au-delà de l'anneau délimitant la base supérieure qui soutient le bassin, protégé par une structure en bois.